Mathieu Perrin

Institut d'Urbanisme de Grenoble

14, avenue Marie Reynoard - 38100 Grenoble

perrin.mathieu@yahoo.fr

Diplômes

2006-2009 : Doctorat « Urbanisme et Aménagement » à l'Institut d'Urbanisme de Grenoble (UPMF - Grenoble II). Intitulé officieux de la thèse : « Fermeture résidentielle, survalorisation habitante et démocratie en Occident ». En cours

2004-2006 : Master Recherche en Sciences du Territoire, spécialité « Ville, Montagne et Durabilité », à l'Institut d'Urbanisme de Grenoble (UPMF - Grenoble II). Intitulé du mémoire final : De l’utopie à la gated community : lorsque les populations de l’ailleurs se renouvellent. Mention Très Bien

2001-2004 : Licence en Géographie, filière « Aménagement », à l'Institut de Géographie Alpine (UJF - Grenoble I). Mention Bien

Activités professionnelles

Doctorant Allocataire de Recherches

Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche

Thèmes d'enseignement

TD Histoire des espaces ruraux, urbains et des sociétés (Licence 1)

TD Introduction à Mapinfo (Master 1 UPU)

TD Méthodologie du PFE (Master 2 UPU)

CM Habitat Spontané & Problématique du Droit à la Ville dans les Suds (Master 1 UHCI)

CM Fermeture résidentielle & survalorisation habitante en Occident (Master 2 UHCI)

Thèmes de recherche

Histoire urbaine ; histoire de l’habiter ; fermeture résidentielle ; ségrégation urbaine ; évolution des rapports public/privé ; espace et démocratie.

Thématique de recherche doctorale

Fermeture résidentielle, survalorisation habitante et démocratie en Occident (titre non officiel)

L’espace urbain se ferme. Tel est le constat émis par nombre de citadins à travers le monde. La multiplication d’ensembles résidentiels enclos et sécurisés altère le visage des agglomérations, perturbant l’image de cette ville moderne et voulue accessible à tous. Le phénomène heurte car est effectivement remis en cause notre idéal de la cité. Une partie non négligeable de ses espaces (voirie, parcs et jardins, équipements collectifs), autrefois publics, se voient progressivement intégrés à la plus exclusive sphère habitante. Il ne s’agit pourtant

pas d’une rupture. Mais plutôt de l’ultime forme d’un processus déjà en vigueur depuis maintes décennies en terres occidentales. C’est du moins la thèse ici défendue.

Certes, jusqu’alors la ville n’avait jamais été traversée par tant de barrières physiques. Sans doute existe-t-il une préoccupation sécuritaire plus contemporaine. En revanche, cette survalorisation de l’environnement habitant n’est pas nouvelle. Alors même que la ville s’ouvrait à la citoyenneté en un dix-neuvième siècle mû par des idéaux démocratiques, se définissaient des aires plus spécifiquement dévolues à la résidence. Bien sûr, l’attention portée aux intérieurs bourgeois était un premier révélateur de la tendance. Mais s’est ensuite étendu l’empire de la privacité au-delà du simple logis, en un territoire plus large et susceptible de libérer la demeure face à la contrainte du vaste urbain. L’émancipation ne fut pas seulement spatiale, mais bel et bien politique. Car simultanément, se sont multipliées les institutions habitantes, ces organes oeuvrant à la défense d’un intérêt extrêmement localisé. Si ces structures peuvent être plus informelles, elles adoptent souvent le visage d’un syndic de copropriété ou d’une association de voisinage. Les particuliers, aidés de l’industrie immobilière, ont alors en quelque sorte façonné un nouvel échelon d’action, que l’ingénierie territoriale n’avait su proposer. Cette création rend possible l’initiative commune entre riverains, l’investissement partagé dans des équipements de proximité, ou une gestion plus stricte des espaces. Car il est également volonté de sécuriser l’investissement immobilier dans le temps, de conserver une certaine qualité urbaine et architecturale, voire même de se prémunir contre une dépréciation de la nature sociale de l’ensemble. Une fois l’aire résidentielle placée sous l’exercice d’un pouvoir spécifique, d’un organe de gestion capable d’imposer sa réglementation, la somme des propriétaires et occupants ne risquent plus autant qu’une mesure prise à un niveau supérieur, celui de la municipalité ou de l’agglomération par exemple, puisse attenter au charme et à la valeur des biens-fonds. En outre, la communauté se donne un droit de regard sur les décisions prises par chacun des membres afin qu’aucune décision individuelle ne puisse préjudicier les foyers attenants. De la sorte, avant même qu’une clôture ne vienne ceindre l’espace, l’institution protégeait déjà le cadre de vie contre d’éventuelles offenses en interne ou d’origine extérieure.

La thèse a pour objectif premier d’établir un historique de cette survalorisation habitante, de cette tendance à la fermeture, non seulement matérielle, des aires résidentielles. À dessein, seront recensées les configurations urbanistiques participant de ce processus aux Etats-Unis d’Amérique, au Brésil, en Afrique du Sud et en France. Satisfaisant une certaine diversité géographique et culturelle, cette combinaison de pays offre de pouvoir tester une hypothèse de recherche, selon laquelle existerait une relation entre cette conception intensive de l’habiter et la démocratisation de la civilisation occidentale. En deux siècles, s’est radicalement transformée la structure de ces sociétés, s’y sont redéfinis les rapports de force, les textures spatiales, ou encore les modes de régulation et d’organisation du conflit. Et c’est précisément dans ce contexte, souvent durant ces périodes en lesquelles se voyaient intégrées de nouvelles populations au jeu politique et à la pleine vie publique, que l’environnement résidentiel s’est constitué en une sphère retirée, à l’abri de prescriptions et de mutations parfois redoutées, notamment sur le plan social. Les logiques ségrégatives, particulièrement vigoureuses depuis le dix-neuvième siècle, semblent d’ailleurs avoir grandement motivé cette polarisation de l’architecture territoriale par l’intérêt habitant. Ce travail doctoral étudie alors comment et à quel rythme s’inscrit ce phénomène dans l’histoire des quatre pays sélectionnés.

Communications scientifiques

PERRIN M., 2007, « The gated community as a postmodern utopia », in. 4th International Conference of the Research Network "Private Urban Governance & Gated Communities". 5-8 June, Université Paris I Panthéon – Sorbonne.

PERRIN M., 2007, « Gouvernements résidentiels privés et municipalités détournées : l’habiter comme territoire affirmé, l’habiter comme sphère d’action collective », in. Ecole thématique internationale “Controverses”, 17-18 décembre, PACTE de Grenoble, LATTS de Paris, EPFL de Lausanne.

 

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